Cajarc
Varaire
L'Hôtel d'Aquitaine
Montcuq
Le Chartron
Moissac
St Antoine
Marsolan
Condom

Figeac

Cajarc

Cachet Livnihac

(30,5 km)

Cachet Figeac
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C’est mon anniversaire !
J’ai des tas de SMS sur mon portable, mes filles, mon mari, mon papa, ma sœur,les amis…
Le temps est curieux, chaud et lourd.
J’avais peur de la pluie moi qui ne l’ai encore pas " testée ", mais une petite mémée toute maigre et toute tordue, avec un beau tablier bleu, m’a dit à Faycelles : 
« J’ai mal à mes os… Il va faire du bruit, p’i du sec ! » C’est vrai, il tonne, au loin, mais pas une goutte de pluie…
Vers Gréalou Le Chemin vers Verdier

CAJARC
A Cajarc, je m’aperçois en arrivant au gîte que j’ai perdu mon embout de gourde, un petit bouchon vert en plastique.
M… ! Ma poche à eau est foutue, impossible d’en racheter une sur le chemin. Il va me falloir poser le sac à chaque gorgée à présent.
Milou (ma deuxième maman) m’a dit « Si tu vas prier Saint Antoine de Padoue, tu retrouveras ce que tu as perdu ».
Mais oui…. Bon, dans le doute, en visitant l’église de Cajarc, vu qu’il y a une statue de Saint Antoine, j’investi 1 euro dans un cierge et je l’invective : 
« Saint Antoine, s’il te plaît ! Rend-moi mon embout de gourde ! »
Peut-être un pèlerin le ramassera sur le chemin…
18h : tout le monde est arrivé, point d’embout… C’est naze ces croyances.
Comme j’ai oublié mon peigne, je taille au Casino m’en racheter un.
La patronne, derrière sa caisse me reconnaît : « Vous êtes venue, en milieu d’après-midi, pour acheter des fruits ? »…
Oui, oui c’est moi ! « Alors c’est peut-être à vous, ça ? »
Mon embout !
Elle a du penser qu’il me manquait quelques neurones, j’ai mis une minute à lui répondre !
Cajarc

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Carjac

Varaire

Cachet Cajarc

(30,5 km)

Cachet Varaire
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Il y eu un matin…
Toujours cette même douceur, cette impression de renouvellement…
Je dérange quelques troupeaux de lapins ou de lièvres peut-être, ils ont des oreilles énormes.
Le Causse de Limogne

En montant sur le causse de Limogne, dans les forêts de maigres chênes verts, je suis seule dans le petit matin.
Craquements de bois, martèlements précipités du sol, ombre noire et poilue derrière les feuilles. Un sanglier !
J’ai peur, les sangliers chargent-t-ils les pèlerins esseulés ? Non ! Il est bien plus effrayé que moi.
Quelques mètres plus loin, je sursaute à nouveau, entre les taillis : une femme ! Délicatement, elle se passe de la crème sur le visage.
Derrière elle, je distingue à présent dans l’ordre : une tente, son mari, des sacs à dos. Ils ont dormi là, dans le lit de la forêt. J’explique ma frayeur, le sanglier, ils l’ont vu eux aussi.
Plus tard quand ils me dépasseront, je leur dirai : «A bientôt, mes sangliers ! »
Limogne en Quercy, Lavoir papillon

A Limogne-en-Quercy, le lavoir « papillon  » dénommé ainsi à cause de ses formes particulières, spécialité du pays.
Après Limogne, je souffre. Chaleur, fatigue, grosse étape d’hier, je ne sais pas…
Je mange sur une pierre plate. Je rumine mon jambon cru et je me trouve tout à coup très seule dans cette chênaie rabougrie.
Branches étiques, herbes pauvres entre les arbres.
Il fait chaud-moite, le silence est épais dans cette heure de plein midi.
Enfin, après une fin d’étape interminable pour moi, j’arrive à Varaire.
C’est un petit village très joli, avec des poules, des iris, de l’osier qui sèche contre les murs, un lavoir et un gîte très propre, très fonctionnel et pas cher.

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Varaire

L’Hôtel d’Aquitaine

Cachet Varaire

(30,5 km)

Cachet L'Hôtel d'Aquitaine
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La pluie ! La voilà ! Depuis le temps que je la redoutais ! J’enfile la tenue de combat : blouson, pantalon, sur-sac à dos et par-dessus le tout le poncho. Je ressemble à un gros mammouth bleu, mais à priori c’est efficace, je suis étanche !
Pour mon baptême de pluie, elle fait pas semblant, la garce, elle tombe ! Je ne vois quasiment rien, c’est juste l’aurore et l’eau ruisselle sur mes lunettes.
Mais l’odeur, l’odeur ! Quelle récompense ! Odeurs d’herbes mouillées, de terre aride enfin abreuvée.
La pluie est forte, j’en découds avec elle avec humilité. Je me sens une toute petite chose, sous des trombes d’eau.
Elle m’abandonnera, après 2h30 d’une bataille acharnée, à marteler mon poncho et me grimper aux jambes.
Une cazelle,petite maison de pierres, abri des bergers

J’ai pris la variante de Lalbenque, il n’y a plus de place dans les gîtes de Cahors, et je ne suis pas une adepte des grandes villes. C’est une bonne idée !
Lalbenque est un petit village accueillant, avec son premier marché du dimanche matin .
Baptême de pluie pour moi, baptême de marché pour Lalbenque ! Il faut fêter ça :
 ¼ de vin au petit supermarché, de la communauté européenne, en bouteille plastique à 0.75 euros. P’tète qu’il rend aveugle ? 
Je me paye un bon morceau de tome de brebis du coin et je demande la suite de la variante au Syndicat d’Initiative. Le monsieur très sympa, appelle les gîtes pour moi, il est inquiet de me voir « sans lit » et seule.
Il y a un mariage énorme ce week-end dans la région, et là encore, tous les gîtes sont réservés.
Deux solutions : la belle étoile ou le 3 étoiles, l’Hôtel d’Aquitaine, à trois kilomètres sur la variante, à 42euros la nuit. Mon budget !
Pour la belle étoile, c’est un peu râpé, il pleuviote à nouveau. Alibi pour m’autoriser à faire un extra.
Allez tant pis (ou tant mieux) ce sera l’Hôtel !
Sur la route de Lablenque

L'Hôtel d'Aquitaine
J’ai pris un bain bouillant, j’ai fait la grande lessive et transformé ma chambre en séchoir grand luxe.
J’ai piqué toutes les savonnettes, les échantillons de shampoing pour rentabiliser et je me suis épongée dans les serviettes blanches et moelleuses.
C’était bien, l’Hôtel était désert, un peu fané, mais l’hôtesse charmante et aux petits soins.
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L’Hôtel d’Aquitaine

Montcuq

Cachet Varaire

(27 Km, mais pour moi 30 km)

Cachet L'Hôtel d'Aquitaine
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Quelles noces ! Une voiture de fêtard est arrivé à 4h à l’Hôtel, impossible de me rendormir !
Je me fais un café chaud avec l’eau du robinet (ben oui, 42euros c’est sans le p’tit déjeuner…) deux petits beurres LU.
J’attends l’aurore en me massant les pieds avec ma pommade miracle, j’ai perdu ma lampe de poche sur l’étape de Varaire (il faudra que je pense à en parler à Saint Antoine) et hop, en route…
Tant qu’à être réveillée, autant marcher.
Sur la route de L’Hospitalet, une voiture s’arrête à ma hauteur avec quatre types bien alcoolisés. J’ai une légère appréhension, je suis seule, la route est déserte il est 6 heures à peine.
« Bonjour Madame, vous allez à Saint Jacques de Compostelle ? » me bafouille avec peine le chauffeur .
Je répond par l’affirmative, avec un rictus angoissé, sensé être un sourire.
« Et bien bonne route Madame, et que Dieu vous garde ! »
Et tous les quatre hochent la tête avec un sourire aviné mais bon enfant.
« Merci les petits ! Et bonne nuit ! » Je ris de bon cœur, soulagée, émue, attendrie.
On se fait des grands signes d’Adieu.
A l’Hospitalet, je me trompe, et je fais 3Kms de plus, je remonte sur Cahors au lieu de descendre vers Montcuq !
Du coup, j’ai vu la "Maison Gâteau", j’ai beaucoup aimé cette maison du fond des bois.
Ici les chênes ont un peu grossi, c’est beaucoup plus vert, et plus joli.
La maison Gâteau

Lascabanes… On entre dans le Quercy blanc, nous avons perdu la couleur rouge du Lot.
Lascabanes

Après Lascabanes, on monte sur un causse qui court jusqu'à Montcuq.
Merci, papa, pour ton petit coup de fil au milieu des coquelicots !
La chaleur est à son comble, le silence écrasant, c’est ma mauvaise heure. Le ciel est bleu marine, l’orage menace.
L'orage à Montcuq

J’ai fait les trois derniers kilomètres quasiment en courant, la trouille de me prendre la foudre sur le coin de la tronche. Pas une maison, une cazelle en vue pour m’abriter.
J’arrive à Montcuq épuisée, morte de chaud et de fatigue.
Quel accueil ! Madame Simone est un ange, elle offre une orangeade ou un café, avec une tranche de gâteau et ceci GRATUITEMENT !
Remarque, je me doutais que se serait bien, j’avais appelé pour réserver vu les mariages dans la région, et à la question : « prendrez-vous le repas ? C’est dimanche, vous ne trouverez rien d’ouvert à Montcuq », j’ai répondu non, expliqué mon budget restreint, ma nuit de folie à 42 euros… Et Simone de me dire alors : « Madame, venez… mangez… et vous donnerez ce que vous pourrez »
Du coup j’ai pris le repas, le petit déjeuner, j’ai payé le prix normal et j’ai été la plus heureuse des pèlerines à budget limité !
Avant le repas, j’ai un peu visité Montcuq, et j’ai rencontrée Yvette et son jardin magnifique.
Avec Yvette, nous avions 35 ans d’écart mais une passion commune : les iris !
Elle m’a permis de les photographier et de visiter son jardin.

Je crois que j’ai enfin pigé comment marche cettegrrrrr!!!!de macro, non ?

Je ne résiste pas à l’envie de faire cette blague débile : VOUS VOULEZ VOIR MONTCUQ ?
Montcuq Eh ben voilà !

les gîtes d’une propreté exemplaire…
Le repas : grandiose, bouchées à la reine, confit de canard, riz, tarte aux pêches et boule de glace.
C’est rentable, j’ai mangé pour trois jours !
Ambiance festive avec Christian de Tours, Jacques d’Aix-en-Provence, et les deux bretons Jacques et Joseph.
Les amis du chemin Le confit de canard

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Montcuq

Le Chartron

Cachet Montcuq

(16,5 Km)

Cachet Le Chartron
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Etape facile, j’aurai pu faire plus, mais je n’ai pas trouvé de place à Durfort-la-Capelette.
L’Eglise de Rouillac était fermée, je n’ai pas pu voir l’intérieur, qui vaut le détour dit-on.
La végétation est extraordinaire, quelle luxuriance !
L'Acacia

Lauzerte, joli bourg médiéval, qui se découvre après une ascension assez ardue.
Lauzerte

Mais le clou de cette journée, c’est le gîte, le Chartron.
En face d’un magnifique pigeonnier, niché dans la verdure, les petits dortoirs, la cuisine, les sanitaires, tout est restauré avec goût.
La propriétaire a fait du feu dans l’immense cheminée de la cuisine.
Le Pigeonnier du Chartron Le dortoir du chartron

Marie-Rose d’Ardèche, Gérald d’Isère et Véronique de Belgique sont arrivés après moi.
Ces dames ont commandé le repas, c’est un restaurant traiteur qui livre.
Gérald et moi, on cuit les nouilles du soir, quand les repas arrivent. Au début la commande avait été passée pour 4, deux repas ayant été annulés, en dernière minute.
La restauratrice nous laisse le tout « puisque tout était déjà préparé et on ne peux pas jeter tout de même ».
Entrée crudités-charcuterie, viande et gratin dauphinois, fromage, pommes cuites, une baguette et une bouteille de vin ! POUR 4 !
Gérald et moi nous transformons nos nouilles en salade pour le pique-nique de demain, nous remercions la restauratrice chaleureusement et nous nous attablons avec Marie-Rose et Véronique. Quelle soirée !
Le feu crépite dans la cheminée immense, dehors l’orage a fini par craquer, il pleut.
Nous sommes là, tous les quatre, à nous raconter nos vies, nos chagrins, nos espoirs.
Je raconte l’épisode de mon embout de gourde et de Saint-Antoine qui me l’a rendu.
Je termine mon histoire en disant  à Véronique assise à coté de moi :
 « Remarque, le lendemain, j’ai perdu ma petite lampe de poche noire que mon mari m’avait offerte et à laquelle je tenais tant, et celle-la, saint Antoine, il ne me l’a pas rendu !… »
-« Elle est comment ta petite lampe ? »
-« Noire, petite, toute mince comme un stylo, une petite rayure sur le côté »
-« C’est moi qui l’ai ! »
Silence dans la pièce .
-« Si,si, je t’assure, c’est moi qui l’ai, c’est un allemand qui me l’a donné, il l’a trouvé sur le chemin, il voulait me faire un cadeau ! »
Effectivement, c’est ma lampe ! Incroyable ! Pourquoi ai-je raconté cette histoire ? Pourquoi à Véronique spécialement, que je vois pour la première fois ce soir ?
Le festin du Chartron

Quand nous allons nous coucher les escargots sont de sortie avec la pluie, Gérald en écrase un gros sur le perron, je le traite d’assassin.
Je fais des ombres chinoises sur le mur, Véronique trouve que je ressemble à John Lennon.
Nous passons une nuit formidable, dans le silence, avec juste le bruit des grillons et parfois une averse.
Pas de ronflements, juste nous quatre, dans une bonne chaleur d’amitié.
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Le Chartron

Moissac

Cachet Le Chartron

(22 Km)

Cachet Moissac
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Je pars à cinq heures trente, je n’ai réveillé personne, je suis une experte en glissements sans bruits.
J’ai laissé un petit mot sur la table, en souvenir de cette si bonne soirée.
Nous nous reverrons, je ne suis pas inquiète.
J’ai écrasé un escargot sur le perron.
Il fait nuit noire, mais le chemin est large et j’ai ma petite lampe, à présent ! J’essaye de ne pas trop penser, sinon j’aurai peur. Des bruissements, des bestioles qui me regardent passer, certainement, derrière les feuillages.
Un peu cinglée de partir si tôt, non ?
L’église Saint Sernin se devine à peine dans la nuit. Elle est seule au milieu d’un champ, entourée de bois sombres. Pour y pénétrer, il faut passer par le petit cimetière contigu.
J’ouvre la porte, qui grince. Le petit faisceau de ma lampe, éclaire seulement une grande croix au fond de l’église, et une corde qui pend de la cloche à l’entrée.
Tout à coup, tous les films d’horreur que j’ai vu depuis mon enfance me reviennent à l’esprit : tombes qui s’ouvrent, tronçonneuses sanglantes, chouettes clouées sur des portes de bois.
Je prends mes jambes à mon cou, et je cavale sur le chemin. Oublié mon sac à dos de douze kilos, je ne sens que les poils de mon cou : ils sont debout !
Le jour se lève tout de même, et au sortir d’un bois, sur une petite route, ça y est, la lumière est !
Petit matin

La ferme Carbonnière, Moissac
La ferme Carbonnière Panneau de Moissac

Moissac
Je dors au Centre d’Accueil du Carmel, j’y retrouve tout le monde, sauf Marie-Rose, Véronique et les bretons qui sont au Carmel même.
J’ai appris aujourd’hui que je n’aurai pas le congé que j’avais escompté, il faudra que je rentre après Condom.
J’ai été triste, en colère, et puis le soleil est revenu, la vue sur Moissac était formidable, le tympan de la cathédrale sublime.
Tympan de Moissac

J’ai pensé qu’il n’y avait peut-être pas de hasard, qu’il fallait que je parte, pour mieux revenir.
J’ai rencontré Geneviève de Belgique et je n’ai plus été triste ! Quelle femme extraordinaire !
Venue à pied de Belgique et handicapée par un début de tendinite. Elle m’a raconté une de ses rencontres à Lauzerte :
Un vieux monsieur béret et ventre en avant, la voit sur un banc :
-« Tu viens d’où ? » lui demande-t-il avec un fort accent du coin.
-« Du Puy-en-Velay » répond-elle.
-« Non mais avant ? »
-« De Belgique » 
–« A pied ? »
-« Oui »
Alors là, il se penche vers elle, la prend par les épaules et lui dit très ému :
-« Ben toi alors ! T’es gonflée ! »
Et c’est vrai quelle est « gonflée », elle doit avoir soixante ans, c’est une ancienne prof de gym. Elle a des jambes magnifiques, de l’humour, une énergie débordante. Elle partage ma chambre, j’essaye de la convaincre de prendre le bus pour être avec nous demain à Saint-Antoine et reposer sa tendinite.
Elle a marché depuis la Belgique elle peut bien manquer une étape, non ?
Elle essayera.
J’ai mis un cierge à saint Antoine pour ma lampe, nous sommes allés manger au réfectoire avec tous les pèlerins.
Le soir, nous avons parlé avec Geneviève un bon moment, de nos vies, dans nos lits, dans le noir, comme de vieilles copines de toujours. Je ne sais pas quand je me suis endormie.
Moissac

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Moissac

St Antoine

Cachet Le Chartron

(28 Km)

Cachet Moissac
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L’étape du jour se résume presque à une photo :
Canal du Midi

Toute la matinée, j’ai marché le long du canal du midi. Parfois, il y avait même la Garonne de l’autre côté.
Garonne et Canal du Midi

C’était reposant, on pouvait vagabonder sans chercher son chemin, sans réfléchir à la route. J’ai marché avec l’Algérie de mon enfance, mon frère et ma sœur. Et j’ai chanté très fort du Léo Ferré, parce que personne n’aime à la maison, et que là, dans cette solitude d’eau et d’herbe c’était… Grand !
« Et ce jour là, ma toute belle, ma fille à moi, ma tourterelle, ma frangine d’amour, ma maman, on s’calinera tout prés des larmes de l’océan des mauvais jours, nous deux… 
Pour peu que saute la planète, pour peu que sonne les trompettes, on s’en fout'ra divinement, nous deux…. »

De temps en temps, je regardai derrière moi s’il n’y avait personne, hein, quand même…

Espalais, Auvillar où Marc et Gérald m’ont rejointe :
Halle circulaire d'Auvillar

Auvillar, avec sa belle halle circulaire, son église et sa statue de Saint Jacques.
Il y avait surtout de très beaux tableaux religieux. J’ai été fasciné par la simplicité des visages, et le peu de nuances de couleurs qui leur conféraient une atmosphère étrange.
Tableau d'Auvillar

Casse-croûte après Bardigues avec Marc et Gérald…
Casse-croûte à Bardigues

Nous sommes arrivés « en tir groupé » à St Antoine
Saint Antoine

De cette fin d’après-midi, j’ai surtout retenu la séance « lessive », où tout le monde frotte son tee-shirt et ses chaussettes dans l’ancien abreuvoir de la ferme, avec grands renforts de bassines, de savon et de jets d’eau. Comme les anciennes lavandières, on papote au soleil.
Jacques d’Aix-en –Provence nous fait un grand cours politique, on tente de développer nos arguments, mais c’est un excellent commercial, il a réponse à tout et sur tout, un bagou incroyable, je doute au bout d’un moment de mes propres opinions et je me sauve avant qu’il ne m’aie complètement lavé le cerveau (en plus de ses chaussettes).
On s’est payé un petit apéro au café du village, qui avait installé sa terrasse dans l’unique rue centrale !
J’ai bu un petit Buzet, et la patronne m’a dit qu’il fallait que j’en profite, que la grêle était tombée dimanche sur le vignoble (le jour de l’orage de Montcuq) et qu’il n’y aurait pas de vin cette année !

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St Antoine

Marsolan

Cachet St Antoine

(32,5 Km)

Cachet Marsolan
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J’ai vu un champ de persil, pour la première fois de ma vie !
Champ de persil

Je suis avec Gérald, on broute des brins de persil frais, très frais !
Heu… Sauf que quelques mètres plus loin, il y a Lucien, l’agriculteur propriétaire du champ. Nous expliquons notre curiosité, que nous n’avons jamais vu un tel champ. Il nous apprend que ce sont des champs pour faire de la graine pour Vilmorin, que TOUS les pèlerins le prennent en photo et viennent lui dire après : « Je n’ai jamais vu un champ de persil », que les pèlerins sont pires que des lapins et qu’ils lui bouffent trois rangées chaque année !
Deux secondes après, arrive Ivan de Belgique : « Je n’ai jamais vu un champ de persil !»
Du coup, Lucien nous a montré aussi les carottes et les salades, toujours pour la graine.

Nous sommes à Lectoure à midi, sur la place centrale.
Petit casse-croûte avec Ivan, Gérald et celui que l’on nomme "l’Anglais". C’est un personnage extraordinaire. Très grand, avec un chapeau à bords larges, il a une prestance incroyable. Je l’imagine dans un château de Cornouailles, sur une lande aride, battue par les vents.
En même temps, toute cette noblesse est exacerbée par un côté un peu… "déglingué" :
il a un grand bandage sur le genou et une couche épaisse d’écran total sur le visage, qui lui fait un masque un peu blafard. Il s’exprime en un français recherché et lent, il a un humour très anglais.
Après le repas, il sort de son sac un ridicule appareil photo jetable sous-marin, bleu fluo, et dit avec un accent anglais à couper au couteau :
 « Puvez-vous, me prendre en photo ? My femme m’a dit, il faut prendre des photos ! »
Ivan me regarde, je crois que nous avons pensé la même chose… Il prend l’appareil et avant que l’anglais n’ai eu le temps de dire ouf, je lui saute sur les genoux et fais semblant de l’embrasser … Clic, c’est dans la boite !
Casse-croute à Lectoure C’est Jérémy,dit « L’anglais » qui nous a pris

Du coup, poussée par Gérald transformé en coach, j’ai fait encore neuf kilomètres, pour aller à Marsolan avec eux et passer ma dernière soirée avec Jérémy, Ivan et Gérald autour d’un bon repas.
32,5kms… Ouarf… Dur, très dur. Je suis arrivée en coma dépassé, stade 4 à Marsolan
Le gîte, très bien, avec piscine ! Je n’avais pas de maillot, mais j’ai trempé mes guiboles dans l’eau un peu froide, c’était divin.
Le repas du soir a été très agréable et très amusant. En face de moi l’Anglais, à coté Ivan le Belge et à mes pieds, César, le chien des propriétaire. Un gros toutou câlin comme tout.
J’ai beaucoup ri, Ivan était très drôle avec un accent belge extraordinaire.!
L'enclos à Marsolan

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Marsolan

Condom

Cachet Marsolan

(26 Km)

Cachet Condom
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Dernière étape, facile, avec un petit goût de fin de saison…
Le Gers

Je me suis arrêtée longtemps à la chapelle Sainte Germaine, dans le soleil du petit matin.
A la chapelle Ste Germaine

Je suis arrivée tôt à Condom, j’ai pu dire au revoir à Ivan et Gérald qui m’ont rattrapée là-bas et qui continuaient sur Montréal du Gers.
Cathédrale de Condom

J’ai pris le bus pour Agen à treize heure, j’ai trouvé un petit hôtel sympa prés de la gare.
J’ai visité la Cathédrale, elle est tapissée de peintures magnifiques.
Cathédrale d'Agen

J’ai pu digérer un peu ma tristesse de quitter le chemin.
Et curieusement, au lieu de flipper, j’ai commencé, petit à petit, à faire des projets…
SEPTEMBRE 2005 !

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