Séviac
Le Monneton
L'Aire sur l'Adour
La Ferme de Marsan
Arthez de Béarn
Navarrenx
La Ferme de Béhotéguia
Ostabat
St Jean Pied de Port
Orisson
Roncevaux
Larrasoaña
Pampelune

Condom

Séviac

Cachet Condom

(19 km)

Cachet Séviac
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Me voici de retour sur mon chemin !
Il m’attendait, je le sens.
Toujours cette aube nouvelle, riche de parfums et de bruits. Je n’ai rien oublié de mes étapes précédentes, je suis simplement « comme neuve » dans la fraîcheur du petit matin.
Prés de l’église du Routgès, en allant photographier une magnifique grappe de raisin (que j’ai l’intention de manger), je ne vois pas un petit fossé ridicule et je fais un vol plané extraordinaire, entraînée par le poids de mon sac à dos.
Bilan : ma cheville craque, et gonfle quasiment instantanément.
Cheville


J’ai mal… Je pleure de dépit, de colère, de douleur…
Que faire ? Clopin-clopant, j’atteins Montréal-du-Gers. Une plaque de médecin, j’entre.
Il veut bien me voir entre deux clients. Entorse.
C’est grave, Docteur ? Je peux marcher encore ? Il veut bien ! Sauf, si, demain, j’ai encore mal, ce qui impliquerait quelque chose de plus grave. Anti-inflammatoire haute dose, Efferalgan® et roulez jeunesse…
J’ai un bas de contention dans mes affaires, cela arrêtera le gonflement.
Je clopine jusqu'à Séviac….
SEVIAC
Séviac Les mosaïques

Le gîte est situé dans une ancienne villa gallo-romaine magnifique, qui se visite.
Le paiement de la nuitée, donne accès au site gratuitement. Lorsque les derniers touristes sont partis à 19 heures, je m’offre la visite « en solo ».
J’ai eu l’impression que le site m’appartenait. Comme j’étais seule aussi pour dormir, j’ai pu mettre de la glace sur ma cheville et la mettre bien haute sur un oreiller pour la nuit.

Séviac

Monneton

Cachet Séviac

(29,5 km)

Cachet Monneton
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Je n’ai pas mal !
Bon c’est moche, très gonflé, mais curieusement plus je marche, moins je sens quelque chose.
La gangrène ça fait mal ?
Je marche bien jusqu'à Éauze, j’y suis à 10heures. J’ai le temps de faire quelques courses.
Eauze


Je rencontre Florence de la Loire, elle est beaucoup plus jeune que moi, elle me dit des choses d’une grande profondeur, qui m’atteignent.
Elle me donne, sans le savoir, des réponses aux questions que je me pose…
Et en discutant, j’oublie ma cheville ! Nous mangeons ensemble sous un arbre à Manciet.
Lorsque je la quitte pour aller au Monneton alors qu’elle continue sur Nogaro, je reste longtemps imprégnée de cette conversation.
Flo et moi, les gravures de mode


LE MONNETON
Au Monneton, bien que je sois la seule à n’avoir pas pris le repas, les propriétaires m’installent à table avec tout le monde.
J’ai droit à un petit verre d’apéritif, du « Floc » de la région. C’est bon, ça ressemble au Macvin de chez nous.
Comment faire pour ne pas avoir honte de ma petite portion de nouilles et de mon orange, quand tout le monde mange copieusement le festin préparé par la patronne ? En restant naturelle !
Merci à Annie qui a essayé de mettre dans mon assiette, discrètement, tout ce qu’elle pouvait…
Le Monneton


Jean et les MMA « Saint » Jean et les MMA : Mireille, Michelle et Annie (de droite à gauche)

Il fait une chaleur à mourir, dans notre chambre, où je dors avec Jean et les « MMA ».
On ouvre la fenêtre. Dans la nuit l’orage éclate, impressionnant.

Monneton

L'Aire sur l'Adour

Cachet Monneton

26 au lieu de 32kms

(grâce au raccourci de la patronne du Monneton)
Cachet Aire sur l'Adour
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J’ai la cheville comme une grosse patate… L’amputation est proche ! M’en fout, elle marche.
Je lui achèterai une bande à L’Aire sur l’Adour en arrivant.
L’étape est douce, facile.
L'Adour


Je rencontre Jean-Marc de Toulouse, que j’ai du mal à suivre, mais je trottine derrière lui en lui cassant les oreilles , désolée, c’est un jour "avec", j’ai besoin de parler.
Il est cool, il supporte bien, mon babillage lui sied.
Nous allons au même gîte (le pauvre) et nous sommes dans la même chambre (là, ça frise la guigne !).
Je me souviens du pain frais et croustillant, du morceau de piano improvisé par Jean-Marc.
Jean Marc


L'AIRE SUR L'ADOUR
Le gîte, c’est la « Maison du Pèlerin » de Jean-Michel, lui-même ancien pèlerin.
Dedans, c’est exactement comme dans cette chanson de Maxime le Forestier :
« C'est une maison bleue
Adossée à la colline
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là, ont jeté la clé
On se retrouve ensemble
Après une journée de route
Et l'on vient s'asseoir autour du repas
Tout le monde est là, à cinq heures du soir »
Jean Michel


L'Aire sur l'Adour

La Ferme de Marsan

Cachet Aire sur l'Adour

22,5 kms

Cachet La ferme de Marsan
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J’ai vu des vaches landaises, des canards, des pins des Landes, des canards, des chiens, des canards, Miramont-Sensacq et des canards.
Les Canards


J’ai pique-niqué avec Jean-Marc de Toulouse, Guy de Grenoble, Robert et André d’Albi.
Pique nique avec les garçons


C’était l’ouverture de la chasse et les faisans lâchés pour l’occasion nous couraient presque après, pour qu’on leur donne à manger.
Comment peut-on tirer sur des bêtes pareilles ?
Florence de la Loire m’a dit avec un petit sourire mignon, que les chasseurs avaient entre les mains ce qu’ils n’avaient pas entre les jambes !… Yes !
Je suis arrivée à
LA FERME DE MARSAN

La Ferme de Marsan

Arthez de Béarn

Cachet La ferme de Marsan

40 kms !

Cachet Arthez de Béarn
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Je pars à 5h30, il fait nuit noire, je n’ai rien dormi.
Il pleut. Galère. Même à Pimbo, il fait encore nuit.
Vers 7h30 dans le jour qui se lève à peine, je passe prés d’une ferme du côté de Miquéou.
Un chien énorme, heureusement au bout d’une chaîne, m’aboie dessus comme un possédé. Je tourne la tête et presse le pas, quand j’entends le proprio qui me hurle :
« Oh ! Toi ! ….Viens boire un café ! ».
Heu…. J’hésite. Je suis trempée... J’essaye de jauger en quelques secondes si mon hôte à une tête de violeur, d’assassin étrangleur de pèlerine trempée. Allez, j’y vais !
Il s’appelle Jean, le café est délicieux, l’intérieur un peu vieillot.
Il me raconte la mort de sa maman qu’il aimait tant, comment on grille les saucisses dans les cheminées béarnaises, comme c’est difficile de vivre seul ici « quand le vent, l’hiver, passe sous la porte ».
C’est pour cela qu’il a une femme qui vit avec lui à présent, parce les hommes sans les femmes c’est « pire que des bêtes ».
Il fait chaud, je suis bien.
Je lui demande la permission de le prendre en photo pour mes souvenirs.
Il est très ému et s’affaire de longues minutes : il se recoiffe, va réveiller sa femme, cale son béret béarnais sur sa tête et remet en place la statue de la sainte vierge sur la cheminée.
-« Je vous enverrai une photo ».
-« Tu vas oublier »
Je n’ai pas oublié.
Jean et sa femme


A Fichous-Riumayou, petit village au sommet d’une colline, une petite école de campagne où les enfants ont écrit :
 « Pèlerins , entrez dans la cour, il y a une surprise pour vous ».
On entre, il y a de l’eau fraîche, de quoi faire du café, à l’abri sous le préau. Et des coquilles Saint Jacques en terre cuite « faites main » à emmener à Compostelle.
J’emporte celle de Sébastien, et jette un œil par la fenêtre. Les enfants crient « Maîtresse, y’en a un ! y’en a un ! »
On se fait coucou.
Je pensais m’arrêter à Pomps, il n’y a plus de place ! Aller jusqu'à Arthez-De-Béarn ? Ça fait 40kms !
Au moment ou je me pose la question : «  quoi faire ? » je retrouve Florence et Myrtille !
Les nanas à Uzan Myrtille, Florence et Anne… Une fin d’étape entre nanas !

J’ai fait les derniers kilomètres quasiment sur les genoux, en leur racontant « Regain » et « Un de Baumugnes » de Giono.
Sans elles, je crois que j’aurais fait du stop !
Je suis arrivée à
ARTHEZ DE BEARN

Arthez de Béarn

Navarrenx

Cachet  Arthez de Béarn

29,5 kms

Cachet Navarrenx
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Dur le réveil ce matin ! J’ai mal partout.
Je pars quand même à 6h45.
Arthez-de-Béarn est sur une crête rocheuse, par-dessus les murets, la vue est magnifique.
Dans la plaine et dans la nuit, le site de Lacq et ses grandes torchères ressemblent à une énorme ville.
A Sauvelade, j’ai retrouvé Jean-Marc, André, Guy, Jean.
J’en ai bavé pour la fin de l’étape. Trop longue pour moi, après les 40kms d’hier. Guy a senti que j’étais en perdition, je crois, il ne m’a pas lâché d’une semelle et m’a parlé sans arrêt, pour que j’avance.
« On arrive, j’ai vu le clocher de l’église »
« c’est pas loin, y’a un panneau… », mon œil !
Mais ça y est, enfin…
NAVARRENX
Le gîte communal est superbe, grand , propre… Extra.
J’ai pu faire une lessive, quel luxe ! je sentirai bon, ça me changera du savon de Marseille faisandé.
Navarrenx Le gîte

A 18h, il y a un accueil pèlerin à l’église. J’y vais.
Une dame très gentille nous fait une visite commentée de l’église très intéressante. Elle nous donne ensuite une petite feuille de prières que nous lisons tous ensemble et qu’elle entrecoupe de chants religieux.
Ma première réaction a été de chercher à me tirer discrètement, mais j’étais trop devant, ça se serait vu.
Après, j’ai failli piquer un fou rire, parce qu’elle parlait de Dieu comme si elle l’avait vu la veille. Et puis j’ai écouté, j’ai trouvé que ce qu’elle disait était très beau, elle nous voulait du bien, elle pensait que Dieu était avec nous.
J’ai eu envie de la respecter très fort, j’ai tout lu comme les autres et j’ai chanté faux, plus fort que tout le monde.
Ensuite, un monsieur avec un visage très doux nous a invité à un petit vin d’honneur, offert par la paroisse et la mairie.
J’ai pensé que pour des pèlerins nous étions traités comme des princes.
Vin d'honneur à Navarrenx


Le soir, nous avons fait repas commun.
Saucisson de Guy et Jean-Marc, en apéro avec le gros rouge qui tache payé par Jean et moi, Jean-Paul de Sanary a cuisiné les pâtes carbonara (avec les œufs entiers pour pas gaspiller les blancs) la crème et les lardons de Myrtille et Florence, j’ai fait celles à la sauce tomate.
En dessert, les glaces achetés par les suédois que nous avons coupées en deux pour que tout le monde en aie.
Je n’aurai pas donné ma place pour tout l’or du monde.
Repas à Navarrenx Repas à Navarrenx

Navarrenx

Aroue (Ferme Béhotéguia)

Cachet  Navarrenx

18,5 kms

Cachet Aroue
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Les noms deviennent imprononçables, c’est le pays Basque.
Les maisons sont blanches avec des petits toits et des colombages rouges.
De cette étape, je n’ai en tête que la grande discussion que j’ai eu avec Irène, la patronne de LA FERME DE BEHOTEGUIA. Nous avons discuté longuement, avant que le gros de la troupe n’arrive.
Elle a bien voulu me prendre en plus, sur un matelas, dans la grande salle à manger.
Elle m’a expliqué en détail la chasse à la palombe au filet et au fusil.
Les Palombières


Au repas, je retrouve « les 42 » et les « poitevins » (qui sont en fait des Deux-Sèvres mais qui connaissent mon beau-frère qui est poitevin).
Mes enfants, quel repas !
Apéritif, terrine maison, omelette aux poivrons du coin, rôti de porc avec des pommes (le fruit) cuites et caramélisées dans de la graisse de canard !
D’habitude, j’ai horreur du « sucré salé », là, je me suis resservie trois fois, comme tout le monde.
Fromage de brebis, gâteau au chocolat.
Pour les poivrons, c’est une spécialité de la région, avec les piments. Irène a bien expliqué la différence entre eux, comment on les récoltait.
Je n’ai rien écouté, ni retenu, j’avais déjà les oreilles à 60°c et l’impression d’avoir les dents qui poussent, avec le petit vin à volonté …
Irène (qui n’est pas radin) m’a offert la nuitée parce que j’avais couché sur un matelas d’appoint, et le pique-nique du lendemain comme à tout le monde.
Ferme Béhotéguia

Aroue

Ostabat

Cachet Aroue

22,5 kms

Cachet Ostabat
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Comme c’est beau, mais beau !
Enfin des paysages à la hauteur de l’Aubrac !
J’ai adoré cette étape. Je suis à Olhaïby à 7h, Jean-Pierre m’a vu passer, il vient m’ouvrir la chapelle et me fait une visite guidée exceptionnelle !
Jean-Pierre et la croix à 2 faces Chapelle d’Olhaïby
 Dans les églises basques, les hommes sont au balcon 

Laurent Pochelu Plus con que le cancer ? : la guerre !

J’ai fait des kilomètres en plus car je me suis trompée, je suis remontée sur Saint Palais, au lieu de descendre sur Ostabat.
Mais je n’ai pas fait attention aux panneaux, j’étais tout à mon émerveillement, cette légère brume du départ, puis ce soleil éclatant.
Je sens l’automne qui vient doucement. La paix dans mon cœur, la pureté dans ma tête.
J’ai marché avec ma maman, celle que j’aimais tant.
Le Pays Basque


OSTABAT
Ostabat.  « Trop » beau, comme dirait ma fille Elisabeth.
Ostabat
A la ferme, j’ai pris aussi la demi-pension, pour manger des spécialités de la région.
Deux soirs de suite ! C’est indécent !
Rebelote : repas de ouf, avec apéritif et boudin basque.
En plus, le patron chante des chants basques à plein poumons, le makhila à la main. Géant !
Le patron de la ferme Gaineko-Etxea
Tranche énorme de jambon de Bayonne, saucisses basques, pipérade, fromage basque pur brebis Ossau-Iraty et sa confiture de cerises noires ( ahhh, je meurs !)
Je suis allée au radar me coucher avec Jean-Paul de Sanary, nous avions une petite chambre pour nous tout seul, au sous-sol de la maison. J’ai souri dans le noir, c’était si curieux de dormir avec cet homme charmant que je ne connaissais pas encore il y a deux jours.
Je me sentais en confiance. La fenêtre donnait sur la nuit et le silence.
 La ferme Gaineko-Etxea

Ostabat

St Jean Pied de Port

Cachet Ostabat

19,5 kms

Cachet St Jean Pied de Port
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les Pyrénées sont là, impressionnantes… Les paysages sont somptueux.
Le Pays Basque


Moi, sur le pont de la Nive
A star is born !


Après m’être installée chez Jeannine, je prends le temps de découvrir et visiter Saint-Jean-Pied-de-Port.
Jean-Paul continue sur Huntto.
Le gîte de Jeannine


A 17h, beaucoup de pèlerins qui commencent à ST JEAN PIED DE PORT arrivent par le train et s’installent au gîte.
Changement d’ambiance ! Beaucoup de jeunes, de toutes les nationalités. Allemands, espagnols, brésiliens, canadiens…
Je n’ai pas vu la soirée passer, je me suis allongée un peu avant de manger vers 19h, toute habillée sur mon lit. Je n’ai entendu personne rentrer.
Quand j’ai ouvert les yeux, il était 5h30 du matin !
St Jean Pied de Port

Orisson

Cachet Ostabat

8 kms

Cachet St Jean Pied de Port
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Journée de repos pour moi.
J’ai juste décidé de couper un peu le col de Roncevaux et de faire une petit pause à Orisson.
J’ai bien fait, aujourd’hui le temps est horrible, un brouillard à couper au couteau, dés Huntto.
Ça monte très fort, mais de façon régulière, je fais des pauses, ça va bien.
Je suis au refuge d' Orisson très tôt, il est très beau.
Le refuge d’orisson


Le soir, tout le monde mange, sauf moi… J’ai assez ripaillé ces temps-ci !
Je me sens hyper seule avec mon quignon de pain…
Tous les pèlerins que je connaissais sont partis, pour la plupart ils ont cessé leur chemin à Saint Jean.
Certains ont continué, plus vite. Il fait un froid de canard, les paysages sont magnifiques depuis le refuge.
N’empêche… J’ai les boules. Gros coup de cafard.
La vue depuis la chambre


J’ai appelé chez moi, mon petit mari m’a souhaité « bon anniversaire » cela fait 18 ans aujourd’hui que nous sommes ensemble. Ça m’a achevée !
J’ai trouvé que j’étais loin, très loin, seule et malade.
Et puis je me suis mise à rire toute seule, parce ce que j’ai pensé que pour me suicider je n’avais qu’une épingle à nourrice, un couteau suisse et un efferalgan®.
Ça va être long et sanglant !

Je m’endors difficilement... Les irlandais viennent discrètement se coucher.
Puis c’est les deux vieilles allemandes, qui pouffent de rire et allument la lumière, font un bruit du tonnerre avec leurs sacs en plastique, puis discutent sans se préoccuper des dormeurs.
J’ai des envies de meurtre.
Bon, enfin, elles se couchent… Et alors là, vraiment…l’horreur !
Des ronflements comme jamais de ma vie je n’ai entendu… Comme l’une d’elle est au dessus de moi, je projette de jeter des coups de pieds dans le sommier. Pendant une heure, je rumine…
J’en arrive même à me dire que nous avons bien fait de récupérer l’Alsace et la Lorraine.
Finalement, je craque, je prends mon duvet et je couche sur un matelas dans le couloir.
Tous ceux qui sont allés faire pipi cette nuit là, m’ont enjambée, mais je préfère ça au ronflement des deux Wisigoths!

Orisson

Roncesvalles

(Bonjour L’Espagne !!!!)
Cachet orisson

18 kms

Cachet Roncevaux
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Quelle nuit ! Debout à 5 heures. Café-poudre-eau-du-robinet, je «déjeune» dans la salle de bain, pour ne pas réveiller le gars qui dort comme moi dans le couloir.
Le ciel est étoilé, la lune est un vrai lampadaire, je me tire discrètement.
Il fait très froid, mais dés que je me mets à marcher ça va… Je voudrais voir le lever du soleil à la vierge d’Orisson.
Pas bien calculé mon truc, à la vierge, il fait encore nuit, je continue. Je ne peux pas m’arrêter, il fait trop froid.
Le jour se lève enfin, mais pas de pot, avec lui, un vent très fort et un brouillard épais.
Je ne vois rien à cinquante mètres, comme hier. J’ai froid.
Il y a parfois des abris en ciment, je me glisse derrière l’un deux et j’enfile tout ce que j’ai comme habits dans mon sac à dos, mes trois culottes et un short (je ne peux rien mettre de plus sous mon pantalon), les trois tee-shirt, la petite et la grosse polaire, le blouson.
Je ne peux pas mettre le poncho, trop de vent. Même comme ça, c’est juste…
Prés du col de Bentarte


Passé la croix de Roland, cela va un peu mieux, parfois une trouée dans le brouillard me laisse apercevoir des vallées profondes, des carcasses de moutons morts, et des vautours impressionnants qui tournoient dans le ciel.
Les carcasses m’ont un peu fait peur, j’ai pensé qu’il y avait peut être des loups ou des ours dans le coin prêts à m’arracher la tête d’un coup de pâte griffue.
Carcasse de mouton Western
Ben, c’est gai !

J’ai mangé mon pâté à neuf heures, debout, en sautillant, je gèle.
Et puis ça y est, c’est l’Espagne !
La Navarre


Je redescend sous les nuages, il fait un soleil magnifique ! RONCEVAUX ! C’est très beau…
Roncevaux


Le gîte n’ouvre qu’à 16h, je vais à l’Auberge en attendant.
Et là, c’est : l’auberge espagnole ! Bruits, rires, bordel un peu partout, une connexion internet qui côtoie une vieille cheminée du siècle dernier. Très peu de chaises, on boit au bar ou l’on s’assoit sur le bord de la cheminée.
Je commande un sandwich avec je ne sais quoi dedans et un verre de vin : 2,5 euros. Alléluia !
Deuxième tournée. Le truc jaune, dans le sandwich, je crois que c’est de l’omelette aux poivrons. Délicieux !

Le gîte : nous sommes 120 !
Le gîte de Roncevaux


On dirait un hôpital de campagne, ou un centre de tri de réfugiés.
Les lits sont côte à côte. Un ancien monastère, sans fenêtre. Une lumière tamisée permet de lire, sans empêcher de dormir. Elle s’éteint à 22h30 et s’allume à 6h30 le matin.
Une petite musique douce en continu.
Assez curieusement, je crois que j’y ai passé une des meilleures nuits de tout mon séjour !
C’est tellement grand que les ronflements s’échappent (surtout que j’ai vu arriver les deux allemandes !) et que dans cette foule, tout le monde fait gaffe aux autres.
Autour et au dessus de moi que des hommes, et à priori, pas un qui parle le français !
J’ai failli monter sur mon lit et hurler : « y a t il un français dans la salle ??? » 

Roncesvalles

Larrasoaña

Cachet Roncevaux

28,5 kms

Cachet Larrasoaña
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Il a gelé.
Je pars dans la nuit comme d’habitude, mais ici, je ne suis plus la seule. Le chemin est large et si bien indiqué, impossible de se tromper.
Les paysages sont très beaux, il y a quelque chose de différent, je ne sais quoi…
Après Burgete


J’ai trouvé: le monde !
Des pèlerins partout. Impossible de chanter mes vieilles rengaines, il y a toujours quelqu’un derrière moi. Faire pipi derrière un buisson ? Il y a un pèlerin derrière le buisson.
Grands, petits, vieux, jeunes, gros, athlétiques, étrangers pour la plupart.
Au début, je n’aime pas. Mais que font tous ces gens, sur MON chemin ?
Et puis je m’habitue. Une fois que les lièvres sont passés, je reste seule, et je peux méditer.
Les tortues me rejoindront plus tard.
Avant Zubiri


LARRASOANA
Gîte plus que sommaire.
Douches froides, rien pour poser les affaires, il faut s’habiller dans la douche.
Certains sortent à poil, je glousse comme une dinde derrière mon rideau.
Marisa dort à côté de moi, elle me donne des cours d’espagnol. Je sais dire : « bonjour », « bonsoir », « combien ça coûte ? », « vin rouge », « avez-vous de l’eau ? », « merci ».
Le B-A, BA quoi !
Larrasoana


Larrasoaña

Pampelune

Cachet Larrasoaña

16,5 kms

Cachet Pampelune
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Nuit
Petit déjeuner
Tout le monde dort
Je me sauve
J’ai récité ce poème de Victor Hugo que je connais par cœur :
« Dans la plaine naît un bruit, c’est l’haleine de la nuit… »
Ce matin sur le chemin je suis seule, partie trop tôt, sans doute. C’est bien.
Juste avant Trinidad De Arre


Juste après Trinidad De Arre, on entre dans les faubourgs de Pampelune.
PAMPELUNE
On m’avait décrit cette ville comme une mégapole sale, longue et fatigante.
Est-ce l’heure matinale ? Est-ce la joie de la découverte ? J’ai adoré !
Les faubourgs sont bruyants, colorés, animés, puis un grand parc, puis les remparts.
On pénètre dans la ville par « la porte de France » dans l’antique rue des pèlerins.
L’Antique rue des Pèlerins


Les églises sont pleines pour les messes du matin.
De jeunes surtout, c’est étonnant. Tout est mélangé ici, jeunes et vieux, art moderne et vieilles pierres.
Je me trompe de chemin, Marcia, une jeune femme m’agrippe par le bras et me gazouille dans sa jolie langue qu’il faut revenir en arrière, je suppose. Elle me montre le bon chemin et me demande si elle peut m’embrasser.
La Cathédrale de Pampelune


Un jeune homme avec des piercing partout, discute sur un banc avec une vieille femme habillée de noir, les mains noueuses comme des racines.
Un vieux magasin poussiéreux de confection d’habits religieux avoisine une boutique d’articles de luxe, ultramoderne.
Finalement c’est cela qui m’a plu, ce mélange des genres.
C’est curieux, je n’ai pas senti d’insécurité, de peur. J’étais avide de toutes ces images, de tous ces gens.
Je me sentais étrangère en ce sens que je voulais tout voir, tout connaître, tout sentir.
Les odeurs ! L’huile d’olive de mon enfance, odeur de miel d’une petite boutique de petits gâteaux, soupe qui cuit quelque part, viande que l’on grille.
Cette ville est vivante, chaude, propre. Odeur de linge bien lavé qui sèche sur les fils au dessus de nos têtes parfois, dans juste un petit rayon de soleil.
Mais il faut, à regrets, que je trouve la gare. Je dois partir à nouveau, et c’est, comme toujours, un déchirement.
Je fais le serment de revenir et de finir ce beau voyage … Espagne, attends moi, j’arrive !
Pampelune